L'essentiel
Choisir entre l’Andorre et la France ne consiste pas uniquement à comparer deux taux d’imposition.
L’Andorre propose une fiscalité nominale plus modérée, tandis que la France dispose d’un marché plus vaste, d’un système social étendu et d’un environnement économique différent. La solution pertinente dépend surtout de votre lieu de vie réel, de votre activité, de vos clients, de la composition de votre patrimoine et des revenus que vous continuez à percevoir de source française.
Une installation en Principauté peut être intéressante pour un entrepreneur, un investisseur ou une famille, mais elle doit correspondre à un véritable transfert de résidence et de centre d’intérêts. Pour comprendre les règles générales de la fiscalité andorrane, notre guide dédié détaille l'IRPF, l'impôt sur les sociétés et l'IGI.
Andorre–France : comparaison rapide
Le barème français applicable en 2026 aux revenus de 2025 s’étend de 0 % à 45 %. Le taux normal de l’impôt sur les sociétés demeure de 25 %, avec un taux de 15 % sur une première fraction de bénéfice pour certaines PME qui remplissent les conditions légales.
Le taux général de TVA est de 20 % en France, contre 4,5 % pour l’IGI andorran. Pour un profil sans activité locale, voir les conditions de la résidence sans activité en Andorre.
La résidence fiscale est le véritable point de départ
Posséder une carte de séjour andorrane ou une société en Principauté ne suffit pas à devenir automatiquement résident fiscal d’Andorre.
Une personne est notamment susceptible d’être résidente fiscale andorrane lorsqu’elle séjourne plus de 183 jours sur le territoire ou lorsqu’elle y possède le noyau principal de ses activités économiques ou de ses intérêts.
La France examine pour sa part plusieurs critères :
- le foyer ou le lieu de séjour principal ;
- l’activité professionnelle principale ;
- le centre des intérêts économiques ;
- les règles de la convention fiscale lorsqu’une personne peut être considérée comme résidente par les deux pays.
Une personne dont la famille, la direction de l’entreprise, les principaux investissements et la majorité des revenus restent en France peut donc rencontrer des difficultés à démontrer un transfert effectif.
Que reste-t-il imposable en France après un départ ?
Le changement de résidence fiscale ne fait pas disparaître toute imposition française.
Peuvent notamment rester concernés :
- les loyers provenant d’immeubles situés en France ;
- certaines plus-values immobilières ;
- les rémunérations liées à une activité exercée en France ;
- certains dividendes et revenus financiers français ;
- l’IFI applicable aux actifs immobiliers français détenus directement ou indirectement ;
- l’exit tax lorsque les conditions prévues par la législation sont remplies.
Un non-résident peut en particulier être redevable de l’IFI sur certains biens et droits immobiliers situés en France. Le seuil d’entrée de l’IFI est fixé à 1,3 million d’euros de patrimoine immobilier net taxable.
Créer une société andorrane suffit-il ?
Non. Une entreprise andorrane doit posséder une organisation cohérente avec son activité.
Il faut notamment examiner :
- le lieu où les décisions sont prises ;
- la présence du dirigeant ;
- les moyens humains et matériels ;
- la localisation des clients ;
- l’exécution des prestations ;
- le risque d’établissement stable en France ;
- la rémunération du dirigeant ;
- la justification des factures intragroupe.
Une structure administrée depuis la France ou exerçant principalement son activité en France pourrait conserver un rattachement fiscal français malgré son immatriculation en Andorre.
Le rôle de la convention fiscale franco-andorrane
La convention entre l’Andorre et la France permet de répartir le droit d’imposer différentes catégories de revenus et de traiter les situations de double résidence.
Elle ne constitue toutefois pas une exonération générale. Elle permet de déterminer quel État peut imposer un revenu, dans quelles limites et selon quelle méthode la double imposition doit être corrigée. La convention franco-andorrane figure bien dans la liste officielle des accords en vigueur de la Principauté.
À qui l’Andorre peut-elle convenir ?
Une installation peut être cohérente pour une personne qui :
- souhaite réellement vivre en Principauté ;
- peut y exercer ou y diriger son activité ;
- possède une clientèle internationale ;
- peut déplacer son centre de vie et de décision ;
- recherche un environnement adapté à une structure entrepreneuriale légère ;
- accepte de documenter sa résidence, ses flux et son organisation.
La France peut rester plus adaptée lorsque l’activité, la famille, les salariés, les principaux clients et les actifs professionnels y sont durablement ancrés.
Étudier votre situation France–Andorre
Votre résidence actuelle, vos sociétés, votre patrimoine et la localisation de vos revenus doivent être analysés ensemble.
ProGestió vous aide à déterminer si une installation en Andorre est cohérente et quelles obligations continueront à s’appliquer en France. Souhaitez-vous une étude personnalisée de votre situation France–Andorre ?


