

Étapes, documents KYC, délais réels et raisons de refus pour ouvrir un compte bancaire en Andorre sans y résider.
Contenu vérifié par l'équipe juridique et fiscale de ProGestió Andorra — Dernière mise à jour :
Ouvrir un compte bancaire en Andorre sans y résider n’a rien d’automatique. Les banques andorranes acceptent des clients non-résidents, mais elles appliquent un contrôle documentaire strict, motivé par la lutte contre le blanchiment de capitaux. Beaucoup de dossiers échouent non pas parce que le projet est illégitime, mais parce que le candidat n’a pas anticipé les questions de conformité. Ce guide décrit le parcours réel : les documents à réunir, les étapes concrètes, les délais observés et les raisons les plus fréquentes de refus.
Un non-résident peut ouvrir un compte en Andorre, mais rarement un compte courant classique avec carte active et prélèvements domiciliés. Ce type de compte reste, en pratique, réservé aux résidents fiscaux andorrans. Pour un non-résident, l’offre s’oriente vers des comptes d’épargne, de placement ou de gestion patrimoniale, ou vers un compte professionnel lié à une société andorrane.
Les banques exigent systématiquement un motif tangible pour la relation bancaire. Un simple souhait de « diversifier son épargne » ne suffit généralement pas. En revanche, un projet documenté — achat immobilier, création d’une société (SL ou SA), démarche de résidence en cours — facilite nettement l’instruction du dossier.
Le secteur bancaire andorran est concentré. Les résidents comme les non-résidents peuvent ouvrir un compte bancaire en Andorre, à condition de respecter les exigences fixées par les établissements bancaires. Trois enseignes commerciales se partagent l’essentiel du marché retail et privé : MoraBanc, Andbank et Creand (ex-Crèdit Andorrà).
Chacune a un positionnement distinct. MoraBanc cible une clientèle diversifiée, résidents comme entrepreneurs, avec une offre digitale développée. Andbank se positionne sur la banque privée, avec un réseau international étendu couvrant plusieurs pays européens et d’Amérique latine. Creand, la plus ancienne des trois, est réput��e pour une conformité particulièrement rigoureuse, notamment auprès des family offices et structures patrimoniales complexes.
Le secteur est supervisé par l’Autoritat Financera Andorrana (AFA), anciennement l’INAF (Institut Nacional Andorrà de Finances). C’est cette autorité qui encadre les exigences de vigilance appliquées par les banques envers leur clientèle.
Le contrôle documentaire n’est pas une politique commerciale discrétionnaire. Il découle d’un texte de loi précis : la Loi 14/2017, du 22 juin, de prévention et de lutte contre le blanchiment d’argent ou de valeurs et le financement du terrorisme, modifiée par la loi 37/2021. Cette loi, complétée par son règlement d’application, impose aux établissements financiers andorrans un processus de connaissance client destiné à identifier l’origine des fonds et la finalité de la relation bancaire.
Le KYC désigne le processus par lequel les établissements financiers collectent, analysent et vérifient les informations et documents relatifs à leurs clients afin de prévenir le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Pour un non-résident, ce contrôle est renforcé par rapport à celui appliqué à un résident fiscal andorran, dont la situation est plus facilement vérifiable localement.
L’Andorre applique par ailleurs l’échange automatique d’informations bancaires (norme CRS de l’OCDE) avec les administrations fiscales de nombreux pays, dont la France et l’Espagne. Un compte ouvert en Andorre par un résident fiscal français ou espagnol est donc déclaré aux autorités fiscales de son pays de résidence, sans que le secret bancaire ne fasse obstacle.
Le socle documentaire est similaire d’une banque à l’autre, avec des variations dans le niveau d’exigence :
L’absence de justificatif clair sur l’origine des fonds au premier contact est identifiée comme la principale cause de retard dans l’instruction des dossiers.
Le processus suit généralement une séquence assez stable, quelle que soit la banque choisie.
1. Prise de contact et pré-qualification. Un premier échange, par email ou par téléphone, permet au chargé de clientèle d’évaluer si le profil correspond à la clientèle visée par la banque. C’est à ce stade qu’une partie significative des demandes est réorientée ou découragée, faute de lien suffisant avec l’Andorre.
2. Constitution du dossier documentaire. Le candidat transmet les pièces d’identité, justificatifs de domicile et preuves de revenus. Un dossier incomplet à cette étape allonge mécaniquement les délais.
3. Analyse compliance. Le service conformité de la banque vérifie les documents, effectue des recherches de vigilance (listes de sanctions, exposition politique) et peut demander des pièces complémentaires si l’origine des fonds reste insuffisamment étayée.
4. Entretien et signature en agence. La signature finale nécessite presque toujours une présence physique en Andorre, afin de finaliser la vérification d’identité en face à face. Andorre-la-Vieille est accessible en quelques heures depuis Barcelone ou Toulouse, ce qui permet à de nombreux candidats de faire l’aller-retour dans la journée.
5. Activation du compte. Une fois le dossier validé, le compte est ouvert et les moyens de paiement (carte, accès en ligne) sont progressivement activés.
Pour un dossier complet dès le départ, l’ouverture d’un compte prend généralement entre deux et quatre semaines. Les profils plus complexes — structures patrimoniales, sociétés à actionnariat multiple, origine de fonds diversifiée sur plusieurs juridictions — peuvent voir ce délai s’étendre à plusieurs semaines supplémentaires. La qualité du dossier initial reste le facteur qui détermine le plus la durée réelle du parcours.
Les banques andorranes appliquent des seuils de dépôt initial différents pour les non-résidents, en fonction du type de compte proposé (épargne standard ou banque privée). Les ordres de grandeur suivants, rapportés par des cabinets d’accompagnement spécialisés, ne sont pas publiés par les banques elles-mêmes et doivent être considérés comme indicatifs :
| Banque | Dépôt minimum indicatif (non-résident) |
|---|---|
| MoraBanc | environ 30 000 à 50 000 € |
| Andbank | environ 50 000 à 100 000 € |
| Creand | environ 15 000 à 30 000 € |
Pour un accès aux services de banque privée haut de gamme, certains établissements andorrans réservent leur offre à des clients disposant d’un patrimoine à investir nettement plus élevé, de l’ordre de plusieurs centaines de milliers d’euros. Ces montants restent négociables selon la solidité du projet andorran présenté (société, résidence en cours, achat immobilier). Compte tenu de la disparité des sources sur ce point, il est recommandé de faire confirmer le seuil exact directement auprès de l’établissement visé avant tout déplacement.
Le refus n’est pas l’exception en Andorre pour les profils non-résidents. Plusieurs causes reviennent régulièrement :
Absence de lien concret avec l’Andorre. Une demande motivée uniquement par un objectif fiscal, sans projet immobilier, professionnel ou de résidence documenté, est généralement écartée dès le premier filtre.
Origine des fonds insuffisamment justifiée. Un virement important sans documentation claire sur sa provenance (vente d’actifs, héritage, revenus professionnels) déclenche des demandes complémentaires, voire un refus si les zones d’ombre persistent.
Démarchage simultané de plusieurs banques. Solliciter deux établissements andorrans en parallèle pour le même dossier est perçu par les services compliance comme un signal défavorable. Il est préférable de cibler une seule banque, en cohérence avec le profil du candidat, plutôt que de multiplier les demandes.
Structures juridiques ou financières trop complexes. Des montages impliquant plusieurs sociétés, trusts ou juridictions à faible transparence compliquent la vérification et augmentent le risque de refus.
Incohérence entre le profil déclaré et les flux financiers attendus. Un décalage entre l’activité professionnelle indiquée et les montants ou la fréquence des opérations envisagées attire l’attention du service conformité.
Pour un entrepreneur qui crée une SL ou une SA en Andorre, l’ouverture d’un compte bancaire est une étape obligatoire, puisque le capital social doit y être déposé avant l’immatriculation. Ce cas de figure est généralement le plus fluide pour un non-résident : la société andorrane crée un lien juridique clair avec le pays, justifie la relation bancaire, et le compte professionnel s’ouvre en priorité, suivi le cas échéant d’un compte personnel.
Le statut administratif du candidat pèse directement sur l’instruction du dossier. Un non-résident qui a simplement engagé une démarche de résidence (dépôt de dossier auprès du gouvernement andorran, promesse de bail ou compromis d’achat immobilier) présente un profil intermédiaire, plus facile à défendre auprès d’une banque qu’une demande sans aucun projet local. À l’inverse, un résident fiscal andorran déjà installé, disposant d’un numéro de sécurité sociale (CASS) et d’un bail à son nom, bénéficie d’un traitement bancaire nettement plus rapide, la plupart des banques proposant même une ouverture de compte résident en ligne en quelques minutes.
Pour un candidat non-résident, il est donc utile de présenter, dès le premier contact, l’état d’avancement de son projet andorran : dossier de résidence déposé, société en cours d’immatriculation, ou compromis de vente signé pour un bien immobilier. Ces éléments concrets rassurent le service conformité sur la nature durable de la relation bancaire envisagée.
Face à un processus KYC exigeant, beaucoup de candidats non-résidents font appel à un cabinet local pour préparer leur dossier avant de solliciter une banque. Cet accompagnement porte sur trois points précis : le choix de l’établissement le plus adapté au profil du client, la constitution du dossier documentaire dans l’ordre et le format attendus par les services de conformité, et la préparation de l’entretien en agence.
Cette préparation ne garantit pas l’ouverture du compte — la décision finale reste celle de la banque — mais elle réduit sensiblement le risque de rejet lié à un dossier incomplet ou mal présenté, et limite le nombre d’allers-retours documentaires qui allongent les délais.
L’ouverture du compte n’est pas la fin du processus de vigilance. Les banques andorranes sollicitent régulièrement une actualisation de la situation du client — revenus, activité, origine des fonds — à intervalles réguliers. Un client qui anticipe ces demandes et transmet spontanément les documents à jour évite les blocages temporaires de compte que ces revues périodiques peuvent entraîner en cas de retard de réponse.
Pour les dépenses courantes en Andorre sans passer par une banque locale, une carte étrangère ou un compte multidevise de type Wise reste utilisable, l’euro étant la monnaie andorrane. Cette solution ne remplace toutefois pas un compte local pour les démarches liées à une résidence, à une société ou à un projet immobilier, où un compte bancaire andorran devient incontournable.
Un Français ou un Espagnol non-résident peut-il ouvrir un compte courant classique en Andorre ? En pratique, non. Le compte courant avec carte active reste quasi exclusivement réservé aux résidents fiscaux andorrans. Un non-résident se voit proposer un compte d’épargne, de placement ou professionnel lié à une société.
Faut-il se déplacer physiquement en Andorre pour ouvrir un compte ? Oui. La signature finale nécessite presque toujours une présence physique afin de compléter la vérification d’identité en face à face, même si certaines étapes préparatoires peuvent être menées à distance.
Combien de temps prend l’ouverture d’un compte pour un non-résident ? Généralement entre deux et quatre semaines pour un dossier complet dès le départ. La principale cause de retard reste l’absence de justificatifs clairs sur l’origine des fonds.
Peut-on démarcher plusieurs banques andorranes en même temps pour augmenter ses chances ? Ce n’est pas recommandé. Un dossier déposé simultanément auprès de plusieurs établissements est perçu comme un signal négatif par les équipes de conformité. Mieux vaut cibler une banque adaptée à son profil.
Quel est le montant minimum à déposer pour ouvrir un compte non-résident ? Il varie selon la banque et le type de compte, de quelques dizaines de milliers d’euros pour un compte d’épargne à des montants nettement supérieurs pour un accès à la banque privée. Ces seuils ne sont pas publics et doivent être confirmés directement auprès de l’établissement.
Le secret bancaire andorran protège-t-il encore les non-résidents ? Non, plus au sens historique du terme. L’Andorre applique l’échange automatique d’informations bancaires avec de nombreux pays, dont la France et l’Espagne. Un compte andorran détenu par un résident fiscal de ces pays est déclaré à leur administration fiscale.
Chiffres et seuils basés sur la réglementation en vigueur à la date de publication (15 septembre 2026), sous réserve d’évolutions légales. À vérifier auprès de votre conseiller avant toute décision.
Pour aller plus loin : Créer une société en Andorre, Devenir résident fiscal en Andorre, Résidence en Andorre, Investir en Andorre : immobilier et entreprises.
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