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Andorre vs Portugal : quel régime entrepreneur ?

Comparatif fiscalité, coût de vie, accès UE et délais entre Andorre et Portugal pour entrepreneurs en 2026.

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Relecture : LinkedIn — Fiscaliste et expert projet financier, ProGestió AndorraProGestió · Carrer de la Grau 5-7, Edifici Olimpia, AD500 Andorra la VellaSources officielles : govern.ad  ·  impostos.ad  ·  Notre méthodologie

Andorre et le Portugal reviennent systématiquement dans les mêmes conversations d’entrepreneurs francophones en quête d’un cadre fiscal plus favorable. Les deux pays affichent une image de douceur fiscale, un climat agréable et une proximité culturelle avec la France et l’Espagne. Mais leurs logiques sont radicalement différentes : l’une est une micro-juridiction hors Union européenne à fiscalité structurellement basse, l’autre un État membre de l’UE dont les avantages fiscaux pour les nouveaux résidents se sont fortement réduits depuis 2024. Ce comparatif met face à face la fiscalité, le coût de vie, l’accès au marché européen et les délais d’installation, pour un entrepreneur qui doit choisir entre Andorre et le Portugal en 2026.

Deux philosophies fiscales opposées

Andorre construit son attractivité sur des taux bas et stables depuis l’ouverture de son économie à partir de 2010-2012 : impôt sur les sociétés et impôt sur le revenu des personnes physiques plafonnés, TVA andorrane (IGI) parmi les plus faibles d’Europe. Le pays n’est pas membre de l’Union européenne mais dispose d’un accord d’association en cours de ratification avec Bruxelles.

Le Portugal, lui, est un État membre de l’UE à fiscalité ordinaire, avec des taux proches de la moyenne européenne. Son attractivité pour les expatriés reposait historiquement sur le régime du résident non habituel (NHR), qui offrait une exonération ou une taxation réduite sur certains revenus pendant dix ans. Ce régime a été fermé aux nouveaux arrivants depuis le 1er janvier 2024 et remplacé par un dispositif beaucoup plus restreint, centré sur la recherche scientifique et l’innovation. Pour un entrepreneur classique qui s’installe en 2026, l’avantage fiscal portugais d’antan n’existe quasiment plus.

Fiscalité des sociétés : deux taux, deux philosophies

En Andorre, l’impôt sur les sociétés (IS) applique un taux général de 10 %, parmi les plus bas d’Europe occidentale, avec des régimes particuliers pour certaines activités (holdings, gestion de propriété intellectuelle) qui peuvent réduire encore la base imposable dans des conditions précises.

Au Portugal, le taux normal de l’impôt sur les sociétés (IRC) est sensiblement plus élevé, avec un taux standard proche de 21 %, auquel s’ajoutent des surtaxes municipales (derrama) et, au-delà de certains seuils de bénéfice, une surtaxe d’État (derrama estadual) qui peut porter le taux effectif marginal nettement au-dessus de 21 % pour les sociétés les plus profitables. Un régime réduit existe pour les petites et moyennes entreprises sur une première tranche de bénéfice, mais l’écart avec Andorre reste structurel : un IS presque deux fois plus élevé au Portugal.

Fiscalité personnelle : IRPF andorran contre IRS portugais

L’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPF) andorran repose sur un barème progressif à trois paliers : une tranche exonérée jusqu’à 24 000 € de revenu annuel, une tranche à 5 % entre 24 000 € et 40 000 €, puis un taux plafonné à 10 % au-delà. Ce plafonnement à 10 % constitue l’un des arguments les plus cités par les entrepreneurs qui comparent les deux destinations.

Au Portugal, l’impôt sur le revenu (IRS) reste un barème progressif classique, avec un taux marginal qui peut s’approcher de 48 % pour les tranches les plus hautes de revenu, sans dispositif généralisé de plafonnement pour un entrepreneur ordinaire depuis la fermeture du NHR aux nouveaux arrivants. L’écart de taux marginal entre les deux pays est donc considérable pour un chef d’entreprise qui se rémunère personnellement au-delà d’un certain niveau.

Accès au marché européen : l’angle souvent sous-estimé

C’est ici que la comparaison s’inverse en faveur du Portugal. En tant qu’État membre de l’Union européenne, le Portugal offre à l’entrepreneur qui s’y installe un accès direct au marché unique, la libre circulation des biens et services dans l’UE, et la citoyenneté européenne pour les résidents qui obtiennent la nationalité portugaise après la durée de résidence requise.

Andorre n’est pas membre de l’UE. Les résidents andorrans peuvent circuler dans l’espace Schengen comme touristes, dans la limite des règles de séjour de court terme applicables aux ressortissants de pays tiers, mais ne disposent pas d’un droit de travail ou de résidence automatique dans un autre État de l’UE. Pour une société andorrane qui vend des biens ou services dans l’UE, cela implique des formalités douanières ou des structures intermédiaires que n’a pas à gérer une société portugaise.

Conditions de résidence et de visa

L’installation active en Andorre suppose la création d’une société avec une activité économique réelle sur le territoire, et le maintien d’une présence effective dans le pays. Le statut distingue la résidence dite « active » (liée au travail ou à l’exercice d’une activité en Andorre) et la résidence dite « passive » (sans activité lucrative locale, réservée aux personnes disposant de revenus ou d’un patrimoine suffisants). Cette seconde voie a vu ses conditions d’investissement durcies à plusieurs reprises depuis 2025, avec des seuils qui ont évolué selon les textes réglementaires successifs ; le montant exact exigé aujourd’hui doit être vérifié au cas par cas avant toute démarche, car plusieurs révisions se sont succédé en peu de temps.

Au Portugal, un entrepreneur non européen peut s’installer via un visa D2 (entrepreneur/investisseur indépendant) adossé à un projet économique viable, ou via le programme dit « golden visa », recentré depuis la fermeture de la voie immobilière directe sur des investissements dans des fonds qualifiés ou la création d’emplois. Un ressortissant français ou espagnol, citoyen de l’UE, n’a en revanche besoin d’aucun visa pour s’installer au Portugal : la liberté d’établissement européenne s’applique pleinement, ce qui simplifie considérablement la logistique administrative par rapport à Andorre.

Coût de vie et de logement

Les deux destinations partagent un point commun : une pression immobilière forte dans les zones les plus demandées, alimentée par l’afflux de nouveaux résidents étrangers. Andorre-la-Vieille et les stations touristiques du pays affichent des loyers et des prix à l’achat qui ont fortement progressé ces dernières années, dans un marché de taille réduite et à l’offre limitée. Lisbonne, Porto et la région de l’Algarve ont connu une dynamique comparable au Portugal, portée notamment par les anciens flux du programme golden visa et par le télétravail international.

Le coût de la vie courante (alimentation, services, transport) reste globalement plus élevé en Andorre qu’au Portugal, en raison de l’étroitesse du marché andorran et de sa dépendance aux importations. Le Portugal conserve un coût de la vie parmi les plus bas d’Europe occidentale hors capitale, un avantage réel pour un entrepreneur qui ne cherche pas uniquement l’optimisation fiscale mais aussi un équilibre budgétaire global.

Délais et formalités de création d’entreprise

La création d’une société en Andorre suit un parcours encadré : réservation du nom auprès du registre, autorisation d’investissement étranger lorsque l’actionnaire n’est pas andorran, constitution notariée, puis inscription au registre de commerce. Ce circuit prend généralement plusieurs semaines à quelques mois selon la réactivité des différentes administrations impliquées et la complexité du dossier d’investissement étranger. Le capital social minimum diffère selon la forme choisie : une société à responsabilité limitée (SL) exige un capital minimum nettement inférieur à celui d’une société anonyme (SA), cette dernière étant réservée aux projets de plus grande envergure ou nécessitant une structure actionnariale plus large.

Au Portugal, la création d’une société à responsabilité limitée (Lda) est administrativement plus rapide pour un résident européen, avec des procédures en ligne (« empresa na hora ») permettant une constitution en quelques jours dans les cas les plus simples, sans exigence de capital minimum significatif pour les formes les plus courantes. L’absence de filtre d’investissement étranger pour un citoyen de l’UE accélère nettement le processus par rapport à Andorre.

Comparatif synthétique

Critère Andorre Portugal
Impôt sur les sociétés Taux général 10 % Taux standard proche de 21 %, surtaxes municipales et étatiques possibles
Impôt sur le revenu Barème plafonné à 10 % (exonération jusqu’à 24 000 €) Barème progressif, taux marginal pouvant approcher 48 %
Membre de l’UE Non (accord d’association en cours) Oui, accès plein au marché unique
Visa pour un citoyen UE Procédure de résidence andorrane requise Aucun visa nécessaire
Régime fiscal attractif pour expatriés Oui, structurel et stable Fortement réduit depuis la fermeture du NHR aux nouveaux arrivants en 2024
Coût de la vie courante Plutôt élevé Plutôt modéré hors grandes villes
Délai de création de société Plusieurs semaines à quelques mois Quelques jours à quelques semaines pour un résident UE

Quel profil pour quelle destination ?

Un entrepreneur qui facture principalement hors Union européenne, qui peut organiser une présence physique réelle en Andorre et qui privilégie un taux d’imposition personnel et sociétal bas trouvera dans la Principauté un cadre plus favorable sur le plan strictement fiscal. C’est particulièrement vrai pour les activités de conseil, de gestion de patrimoine, de commerce international ou de création de contenu dont la clientèle n’est pas majoritairement européenne.

Un entrepreneur dont l’activité dépend d’un accès fluide au marché unique européen, qui vend des biens physiques dans l’UE, qui emploie du personnel dans plusieurs pays européens, ou qui privilégie la simplicité administrative d’un statut de citoyen européen sans démarche de résidence, s’orientera plus naturellement vers le Portugal, quitte à accepter une fiscalité moins avantageuse.

Les pièges à éviter dans la comparaison

Le premier piège consiste à comparer uniquement les taux affichés sans tenir compte des conditions d’éligibilité. La résidence andorrane, qu’elle soit active ou passive, impose des obligations de présence et des démarches d’investissement ou d’activité réelle : un taux de 10 % ne s’applique qu’à une société réellement domiciliée et gérée depuis Andorre, avec un dirigeant physiquement présent dans le pays.

Le deuxième piège est de raisonner sur le Portugal « d’avant 2024 », en se fiant à des informations obsolètes sur le NHR. Ce régime attractif pour les nouveaux résidents n’est plus accessible dans sa version large depuis le 1er janvier 2024 ; seul un dispositif ciblé sur la recherche et l’innovation subsiste pour des profils très spécifiques. Un entrepreneur qui planifie son installation sur la base de l’ancien NHR fait une erreur de calcul potentiellement coûteuse.

Le troisième piège est de négliger la fiscalité de sortie du pays d’origine. Un résident fiscal français ou espagnol qui transfère sa résidence fiscale, que ce soit vers Andorre ou vers le Portugal, reste soumis à des règles d’« exit tax » ou de contrôle de la résidence fiscale réelle qui peuvent remettre en cause l’avantage recherché si le transfert n’est pas correctement documenté.

Foire aux questions

Le régime NHR portugais existe-t-il encore en 2026 ? Non, pas dans sa version historique. Il a été fermé aux nouveaux arrivants depuis le 1er janvier 2024 et remplacé par un dispositif beaucoup plus restreint, centré sur certains profils de recherche scientifique et d’innovation, non représentatif de la majorité des entrepreneurs.

Un citoyen français peut-il s’installer au Portugal sans visa ? Oui. En tant que citoyen de l’Union européenne, aucun visa n’est requis pour s’installer et travailler au Portugal, contrairement à l’installation en Andorre qui exige l’obtention d’un statut de résident.

Andorre offre-t-elle un accès au marché européen comparable au Portugal ? Non. Andorre n’est pas un État membre de l’Union européenne. Un accord d’association est en cours de ratification, mais il ne confère pas les mêmes droits de circulation, de travail et de commerce qu’une adhésion pleine à l’UE, dont bénéficie le Portugal.

Le capital minimum pour créer une société est-il le même dans les deux pays ? Non. Andorre distingue la société à responsabilité limitée (SL), qui exige un capital minimum réduit, de la société anonyme (SA), au capital minimum nettement plus élevé. Le Portugal n’impose pas d’exigence de capital minimum significative pour les formes de société les plus courantes.

Quelle destination est la moins chère au quotidien ? Le Portugal, hors grandes zones touristiques, affiche globalement un coût de la vie courante plus bas que celui d’Andorre, où l’étroitesse du marché et la dépendance aux importations pèsent sur les prix.

Peut-on cumuler une société andorrane et une résidence portugaise, ou l’inverse ? Techniquement, des montages existent, mais ils exposent à un risque de double résidence fiscale et de requalification par les administrations française ou espagnole d’origine. Toute structuration de ce type doit être validée au cas par cas avec un conseil fiscal avant mise en œuvre.

Chiffres et seuils basés sur la réglementation en vigueur à la date de publication (8 octobre 2026), sous réserve d’évolutions légales. À vérifier auprès de votre conseiller avant toute décision.

Pour aller plus loin : Créer sa société en Andorre, Comprendre la résidence active, La fiscalité andorrane expliquée, Accompagnement pour entrepreneurs, Devenir résident fiscal en Andorre.

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