ProGestió AndorraProGestió Andorra
ProGestió
Andorra

Quitter la France pour l'Andorre

Fiscalité, activité, famille, résidence et patrimoine : découvrez les critères à analyser avant de quitter la France pour s'installer en Andorre.

Contenu vérifié par l'équipe juridique et fiscale de ProGestió Andorra — Dernière mise à jour :

Relecture : LinkedIn — Fiscaliste et expert projet financier, ProGestió AndorraProGestió · Carrer de la Grau 5-7, Edifici Olimpia, AD500 Andorra la VellaSources officielles : govern.ad  ·  impostos.ad  ·  Notre méthodologie

Les annonces fiscales, les débats politiques et l’incertitude économique peuvent accélérer une réflexion sur l’expatriation. Ils ne doivent pas, à eux seuls, déterminer un départ de France vers l’Andorre.

Une installation réussie repose sur une décision durable : vivre réellement en Principauté, y organiser son activité, préparer la famille et accepter les conséquences juridiques d’un changement de résidence.

Partir uniquement en réaction à une actualité peut conduire à une structure inadaptée, un retour précipité ou un conflit de résidence fiscale. Le bon projet doit rester cohérent même si le contexte politique change.

Les six critères à examiner avant de décider

Critère Question essentielle
Mode de vie Souhaitez-vous réellement vivre en Andorre plusieurs années ?
Activité Peut-elle être dirigée ou exercée depuis la Principauté ?
Famille Le conjoint et les enfants adhèrent-ils au projet ?
Fiscalité Quels revenus resteront imposables en France ?
Patrimoine Quels actifs, sociétés et immeubles conservez-vous ?
Calendrier Le déménagement peut-il être préparé avant les opérations importantes ?

La fiscalité peut être un facteur, mais elle doit être replacée dans l’ensemble.

Comparer le taux ne suffit pas

L’Andorre applique un taux général de 10 % à l’IRPF et à l’impôt sur les sociétés, tandis que la France utilise un barème progressif pour les personnes physiques et un taux normal de 25 % pour les sociétés.

Cette différence nominale ne permet pas de calculer automatiquement l’économie d’une personne donnée.

Il faut notamment intégrer :

  • la nature des revenus ;
  • les cotisations sociales ;
  • les dépenses professionnelles ;
  • la composition du foyer ;
  • les dividendes et plus-values ;
  • les actifs immobiliers français ;
  • l’exit tax éventuelle ;
  • les retenues à la source ;
  • les conventions fiscales.

Une simulation sérieuse compare la situation avant et après le départ, y compris les impôts qui subsistent en France.

La résidence fiscale doit correspondre aux faits

La France peut considérer une personne comme résidente lorsque son foyer, son activité principale ou son centre d’intérêts économiques y demeure.

L’Andorre retient notamment la présence de plus de 183 jours ou le noyau principal des intérêts économiques.

En cas de double revendication, la convention franco-andorrane examine successivement le logement permanent, le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel et d’autres critères.

Le dossier doit donc être cohérent sur plusieurs éléments :

  • lieu de vie du conjoint et des enfants ;
  • scolarité ;
  • logement réellement disponible ;
  • direction des sociétés ;
  • contrats et lieu de travail ;
  • comptes bancaires et dépenses courantes ;
  • inscriptions administratives ;
  • calendrier du déménagement.

Une adresse andorrane et une carte de séjour ne suffisent pas si l’ensemble de la vie reste organisé en France.

Conserver une entreprise française

Un départ personnel n’impose pas nécessairement de fermer ou de transférer une société française.

Plusieurs options peuvent être étudiées :

  • conserver l’entreprise et nommer une direction locale ;
  • rester administrateur tout en documentant les fonctions exercées ;
  • créer une société andorrane pour une nouvelle activité distincte ;
  • mettre en place une holding lorsque des participations et une logique de groupe le justifient ;
  • céder l’activité ou une partie du capital.

Il faut éviter de facturer depuis une société andorrane des prestations qui restent matériellement réalisées par les moyens de l’entreprise française. Les fonctions, risques, salariés et contrats doivent suivre la réalité économique.

Créer une société en Andorre : dans quels cas ?

Une société andorrane peut être pertinente pour une activité réellement dirigée depuis la Principauté : conseil, numérique, commerce, services internationaux ou nouvelle branche indépendante.

Elle doit disposer d’une organisation crédible :

  • administrateur présent et actif ;
  • siège ou bureau adapté ;
  • compte bancaire ;
  • contrats propres ;
  • comptabilité ;
  • clients et fournisseurs identifiables ;
  • activité effective dans les délais prévus pour l’investissement étranger.

Créer une société uniquement pour émettre des factures depuis un taux inférieur, sans déplacer les fonctions, expose à des risques fiscaux et bancaires.

Les revenus qui peuvent rester imposés en France

Après le départ, la France conserve notamment un droit d’imposition sur certains revenus de source française :

  • loyers d’immeubles situés en France ;
  • plus-values immobilières ;
  • rémunérations liées à une activité exercée en France ;
  • certaines pensions ;
  • revenus ou distributions selon les règles internes et conventionnelles ;
  • patrimoine immobilier français entrant dans l’IFI.

La convention évite ou corrige certaines doubles impositions, mais elle ne transforme pas les revenus français en revenus exclusivement andorrans.

Préparer le patrimoine avant le départ

Les opérations réalisées juste avant ou après le changement de résidence peuvent avoir des conséquences importantes :

  • donation d’actions ;
  • apport à une holding ;
  • cession d’entreprise ;
  • démembrement ;
  • transfert d’un portefeuille ;
  • vente d’un immeuble ;
  • distribution exceptionnelle.

Le calendrier doit être défini avant la signature. Une opération conçue après le fait générateur ne peut généralement pas corriger la fiscalité déjà née.

La famille et le quotidien

Le projet doit aussi intégrer :

  • logement et marché locatif ;
  • école et langues ;
  • santé et CASS ;
  • travail du conjoint ;
  • véhicules ;
  • distance avec les proches ;
  • mobilité vers les aéroports ;
  • activités et environnement de montagne.

Une différence fiscale peut perdre tout son intérêt si le mode de vie ne convient pas au foyer.

Un calendrier de décision raisonnable

Six à douze mois avant : analyser la résidence, l’activité, le patrimoine et la famille.

Trois à six mois avant : préparer le logement, l’immigration, les documents, la banque et la société éventuelle.

Au moment du départ : organiser les déclarations, les contrats, les mandats et les preuves de transfert.

Après l’installation : conserver les justificatifs de présence, mettre en place la comptabilité et vérifier la première année fiscale dans les deux pays.

Questions fréquentes

Une période d’instabilité politique justifie-t-elle fiscalement un départ ? Non. La résidence repose sur des faits personnels et économiques, pas sur le motif politique du déménagement.

Peut-on conserver sa maison en France ? Oui. Elle peut néanmoins être un élément de résidence et reste soumise aux règles françaises sur les revenus, plus-values et éventuellement l’IFI.

Faut-il transférer toutes ses sociétés ? Non. Une conservation avec gouvernance adaptée peut être plus cohérente qu’un transfert artificiel.

Quand faut-il commencer l’analyse ? Avant toute cession, donation, distribution importante ou constitution de holding.

Pour aller plus loin : Andorre ou France, Fiscalité en Andorre, Résidences, Création de société, S’installer en famille.

ProGestió
Andorra

Parlons de votre avenir

Un premier échange confidentiel avec nos conseillers pour évaluer votre situation et vos possibilités.