

Comparez la fiscalité française et andorrane en 2026 : revenu, sociétés, dividendes, IFI, IGI, résidence fiscale et exemples chiffrés.
Contenu vérifié par l'équipe juridique et fiscale de ProGestió Andorra — Dernière mise à jour :
Comparer la fiscalité de la France et de l’Andorre ne consiste pas à opposer un taux français de 45 % à un taux andorran de 10 %. Le taux marginal n’est pas le taux moyen, et un changement de résidence ne déplace pas automatiquement tous les revenus vers la Principauté.
La comparaison utile doit intégrer la résidence fiscale, la source des revenus, la situation familiale, les sociétés détenues, le patrimoine immobilier et les cotisations sociales.
| Élément | Andorre | France |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | Taux de 10 %, avec minimums et bonifications | Barème progressif de 0 % à 45 % |
| Revenus financiers | Base de l’épargne à 10 %, sous réserve d’exonérations | PFU de droit commun de 31,4 % en 2026 ou option pour le barème |
| Impôt sur les sociétés | Taux général de 10 % | Taux normal de 25 % |
| Taux réduit société | Régimes et déductions sous conditions | 15 % sur une première fraction pour certaines PME |
| Taxe sur la consommation | IGI général de 4,5 % | TVA normale de 20 % |
| Patrimoine immobilier | Pas d’impôt national général comparable à l’IFI | IFI au-delà de 1,3 M€ de patrimoine immobilier net taxable |
| Convention fiscale | Convention France–Andorre en vigueur | Convention France–Andorre en vigueur |
Prenons un célibataire sans enfant, avec un revenu net imposable de 100 000 €, sans réduction particulière et hors cotisations sociales.
En France, l’application du barème 2026 aux revenus de 2025 conduit à un impôt brut indicatif d’environ 24 801 € avant décote, réductions ou crédits.
En Andorre, un calcul simplifié fondé sur le minimum personnel général de 24 000 €, le taux de 10 % et la bonification maximale de 800 € conduit à environ 6 800 €.
Cet exemple illustre une différence potentielle, mais il ne suffit pas pour conclure. Le revenu doit réellement relever de l’IRPF andorran et la personne doit avoir transféré sa résidence fiscale de manière effective.
Pour une entreprise imposée au taux normal, avant crédits et dépenses non déductibles :
Une PME française éligible au taux réduit peut toutefois bénéficier de 15 % sur une première fraction de bénéfice. Inversement, une société andorrane administrée depuis la France ou possédant un établissement stable français peut rester imposable en France sur tout ou partie de son activité.
En Andorre, les dividendes distribués à une personne physique résidente par une société andorrane soumise à l’impôt sur les sociétés peuvent être exonérés d’IRPF.
En France, les dividendes relèvent généralement du PFU, dont le taux global est de 31,4 % depuis 2026, sauf option pour le barème et situations particulières.
Pour un dividende provenant d’une société française et versé à un résident andorran, il faut analyser :
Le transfert de résidence ne supprime pas les liens fiscaux avec la France. Peuvent notamment rester concernés :
Une personne conservant son foyer, sa famille, son activité principale et son centre économique en France peut également rester résidente fiscale française malgré une carte de résidence andorrane.
L’Andorre considère notamment comme résident fiscal une personne qui séjourne plus de 183 jours sur son territoire ou dont le noyau principal des activités économiques ou des intérêts économiques s’y trouve.
La France examine notamment le foyer, le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle principale et le centre des intérêts économiques.
Lorsque les deux pays revendiquent la résidence, la convention fiscale utilise des critères successifs pour départager la situation. Il faut donc organiser et documenter :
Une installation peut être pertinente lorsque la personne souhaite réellement vivre en Principauté, peut y diriger son activité, dispose d’une clientèle internationale et accepte de déplacer son centre de vie.
La France peut rester plus adaptée lorsque l’entreprise, les salariés, les clients, la famille et les actifs professionnels y demeurent durablement concentrés.
Le bon résultat n’est pas le taux le plus faible sur un tableau. C’est une organisation juridiquement défendable, compatible avec le mode de vie et durable sur plusieurs années.
Passer 183 jours en Andorre suffit-il toujours ? Non. Les intérêts économiques, le foyer et la convention fiscale doivent également être examinés.
Une société andorrane permet-elle de facturer des clients français ? Oui, mais le lieu d’exécution, la direction effective et le risque d’établissement stable français doivent être vérifiés.
Un résident andorran peut-il conserver un appartement en France ? Oui. Les revenus, plus-values et éventuellement l’IFI restent soumis aux règles françaises.
La convention supprime-t-elle toute double imposition ? Elle répartit les droits d’imposition et prévoit des mécanismes de correction, mais chaque revenu doit être analysé séparément.
Pour aller plus loin : Comparatif Andorre–France, Fiscalité en Andorre, Résidence active, Résidence passive, Simulateur fiscal.
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